Vendredi dernier je suis allée à la réunion de lancement d'une association féministe. C'était bien. Je me suis toujours sentie féministe donc je n'y allait pas pour découvrir ce que c'était mais pour m'impliquer dans une cause à laquelle je crois. Etre féministe c'est vouloir un monde moins inégalitaire pour tout le monde. Je crois qu'au fond j'aurais fait une excellente Miss parce que moi aussi je suis pour un monde en paix.
Bref, on parlait, on parlait et plus on parlait plus je me demandais si j'allais resté où pas. Enfin longtemps ou pas surtout et ce pour plusieurs raisons.
D'abord, je trouve le mouvement trop politique et trop lié au P.S. Pourtant le P.S est un parti que je soutiens et dont je me sens proche quand ses membres principaux ne passent pas leur temps à se battre entre eux et quand Benoît Hamon ne parle pas trop vite. Oui bon, c'est vrai, ces derniers temps je ne me suis pas sentie très proche d'eux mais je ne me suis pas sentie plus proche d'un autre parti pour autant... Cela dit, je suis la première surprise à ne pas vouloir être récupérée par eux.
Je crois qu'en fait pour moi le féminisme ce n'est plus un combat de droite ou de gauche. Quand j'ai participé aux Etats généraux de la Femme organisés par ELLE, j'ai rencontré des femmes de droites ( anciennes militantes RPR entre autres) qui étaient féministes. Elles en avaient juste marre d'être traitée trop souvent différemment au travail en tant que femmes. Je ne suis pas plus féministe qu'elles. Je ne crois pas qu'il y ait de gradation dans le fait d'être féministe d'ailleurs... Enfin j'ai beaucoup apprécié pouvoir rencontrer des personnes très différentes de moi et m'apercevoir que nous avions des choses en commun. Dans mon assoc, je ne suis pas sûre de pouvoir revivre ça.
Pensez-vous, il y a même une blogueuse mode et beauté dans l'organisation...
( Et ça c'est mon abile moyen à moi pour faire une transition)
A un moment dans la conversation, une dame au demeurant fort gentille a commencé à parler des chaussures à talons et de la mode qui oppriment les femmes et bla et bla et blablabla. Je ne suis pas sûre d'avoir envie d'entendre ce genre de déclarations tous les mois. Heureusement, il y avait d'autres femmes qui semblaient partager mon ennui.
La responsable parisienne qui était là pour lancer le mouvement a commencé à faire son petit discours de sociologue à base de déconstruction. Un discours que je connais et un point de vue que je partage. Oui les rapports sociaux, les attitudes sont la sommes de milliers de constructions qui sont aussi vieilles que l'humanité. Pour avancer, ces dernières décénies, de nombreuses choses ont disparu : heureusement! Mais pour autant, je ne suis pas sûre d'avoir envie de tout déconstruire. Avec le temps ( et sans doutes avec les blogs) je suis devenue plus féminine. La société de consommation a bien fait son rôle avec moi : j'ai envie de chaussures à talon alors que je ne sais pas marcher avec et j'ai acheté des tas de produits de maquillage. J'ai horreur de mes poils et je vis très mal le fait d'avoir un dérèglement hormonal qui fait que ces derniers poussent de plus en plus vite et surtout dans des endroits du corps dont je me passerais bien.
Je suis victime d'un tas de codes et je le sais bien. Mais je ne crois pas qu'en deconstruisant tout ce qu'il est possible de déconstruire on ira très loin. Je ne dois plus être assez révolutionnaire. En fait, je crois que je vieillis.
Le Mademoiselle par exemple. Gros sujet ça le Mademoiselle. J'ai de la chance, je suis jeune avec une peau à problèmes donc j'y ai le droit. Je n'ai pas spécialement envie de lutter sang et eau pour sa disparition. On m'appelera Madame un jour et ça ne me dérange pas tellement non plus. A un moment, une des femmes qui étaient là a dit " Ouai mais quand on t'appelle Madame, bonjour le coup de vieux".
Oui et alors. On vieillit tous, c'est naturel. Je ne vois pas pourquoi moi qui ait envie de porter des robes et des chaussures à talon ( parce que c'est à la mode) je suis plus victime du monde capitaliste qu'une femme de plus de 35 ans qui ne veut pas vieillir ( parce que vieillir ce n'est pas à la mode).
Je dis ça, mais je vais quand même écrire pour la revue de l'association et dès le lendemain, j'ai tracté à la Gay Pride. Alors que jusqu'à là, la Gay Pride je la regardais vite fait depuis la rue. Mais je m'étais quand même habillée en petite bourgeoise robe à mi mollets et à pois ( ces derniers temps voyez vous j'ai furieusement envie de m'habiller en Julia Roberts quand elle va aux courses dans pretty woman, il FAUT que je trouve de quoi je suis victime) juste pour montrer que la façon dont on s'habille n'a pas forcément grand chose à voir avec ce qu'on est vraiment ( sauf peut-être pour les Punks à chiens qui ne sont pas des gens comme nous!)
Bientôt donc, la suite de mes aventures. Simone Veil, fait moi une place, j'arrive...


Un peu Victor Victoria ce tailleur, non ?



