De guerre lasse

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En étudiant la première guerre mondiale il y a de ça quelques années, je me suis mise à compter les Poilus. Depuis hier, il n'en reste plus un. Epilation définitive : Lazare Ponticelli et ses 110 printemps sont morts, comme beaucoup d'autres. Il va falloir que je compte autre chose.

Lundi matin, il aura droit à des obsèques nationales qu'il a d'abord refusé, puis accepté après le 20 Janvier, lorsque son dernier compagnon d'arme est mort.

Des obsèques nationales, à lui, le petit Italien immigré au début du XXème siècle et qui s'est battu pour un pays qui ne l'a peut être pas accueilli à bras ouverts à son arrivé. Il n'était qu'un petit rital à l'époque, mais il a rejoint la légion étrangère avant de devoir rejoindre l'armée italienne. De retour en France, il fonde une petite entreprise avec ses frères puis en 1942, entre dans la resistance en regagnant Paris lorsque la zone sud est prise en main par les allemands. Lazare est un héros, il s'est battu pour son Pays, il semble avoir fait tout ce qu'il fallait, même s'enreichir parce que son entreprise est aujourd'hui une petite multinationale qui emploie 3500 personnes. La pauvreté dans la montagne italienne est bien derrière lui. Il l'a réalisé son rêve. Il n'est pas le seul, je suis allée à l'école, je suis devenue un vrai petit modèle de réussite républicaine.

Quand j'étais petite, je croyais qu'en France et en Europe, on avait signé des papiers pour dire qu'on ne ferait plus la guerre. C'était ma façon à moi de me dire que tout allait bien. Je me souviens de la première guerre du golfe qui me faisait peur le matin à la place des dessins animés. Je me souviens de la Yougoslavie, puis du Kosovo, de la Tchétchénie, de l'Irak...

Cette guerre, on ne savait pas pourquoi on la faisait. On se battait contre des gens comme nous (Lazare Ponticelli)

J'ai appris ce matin que des pays musulmans avaient bel et bien boycotté le Salon du Livre et son invité officiel : Israël. Il semble que certains écrivains savent ce qu'ils font, et qu'ils ne se battent pas contre des gens comme eux.

Je n'ai pas toujours tout compris au conflit Israëlo/Palestinien. Je pensais seulement qu'entre écrivains on pouvait parfois oublier les bruits de canons et travailler pour la paix sous les crissements d'une plume et les tapotis d'un clavier.

Il y aura des tables vides, pas de dédicaces, des regards attristés et des petits sourires de dépits.

Je vais à ma leçon de conduite.

 

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Aurélie 16/03/2008 00:52


Et merci pour ce très joli article

Aurélie 16/03/2008 00:52


Réponse à ton comm : Vive le nord ! Même si ce n'est plus ma ville de coeur, ça reste mes origines et j'en suis fière. En ce qui concerne la bataille blogo (même si tu t'es trompé de blog) cette fille veut montrer qu'elle a de l'importance, c'est tout. Ptete même qu'elle en est convaincue ! C'est quand même dommage de commencer sa carrière de journaliste comme ça...

marine 14/03/2008 00:52


sur le salon du livre, plusieurs éléments st à noter :

-ts les écrivains israéliens critiquent la politique de leur pays

-ts les écrivains arabes ne le boycottent pas, cf tahar ben jelloul

-ts les écrivains israéliens écrivent en hébreu. (un seul écrivain arabe israélien invité au Salon du livre, Sayed Kashua, écrit en hébreu) est-ce vraiment important de savoir ds quelle langue ils écrivent? pour moi ce st les idées qui priment sur les langues.

-je remarque avec surprise que des pays arabes boycottent le salon du livre ( Kouchner: on ne "boycotte pas les idées"), donc les idées, le dialogue, ms, ne boycottent pas les JO. Qd on veut boycotter qque chose, en gnl c' pour faire du bruit, dc je trouve ce choix étrange.



quel gâchis! pour moi un salon du livre c'est un lieu d'échanges, de controverses, de dialogue. Là, c'est juste un instrument de politique, un triste symbole du refus de communication, d'intellectuels qui devraient être les premiers à se tendre la main.



ils s'affrontent encore pour des broutilles pdt ce tps, c' tjs la même histoire, roquettes sur israël puis réaction miltaire d'israël ou vis-versa.



comme quoi, même si il reste plus de poilu fr, ms comme en 14-18 c' tjs pareil, une guerres, des combattants, des civils tués, blessés, traumatisés. Où st les promesses du progrès, XXIème siècle, paix, prospérité, la fin des castes, inégalités, maladies, etc.?

lili 14/03/2008 00:52


Je suis de plus en plus perplexe...

Que reste t'il de ceux et de ce qui ont fait l'histoire?

En tout cas c'est un bel article :)

Shopgirl 13/03/2008 00:52


J'ai toujours eu beaucoup de respect pour ces hommes partis la fleur au fusil , sans trop savoir pourquoi ... Y'avait il d'ailleurs une raison ?



Comme toi, j'ai du mal à comprendre ce boycott au salon du livre. Je comprends que l'on puisse ne pas être d'accord mais à la base, ce sont tous des écrivains, non ? Ils ont chacun une plume pour s'exprimer !

Venir pour dire pourquoi ils ne sont pas contents, aurait été plus logique à mes yeux ...



Ps: je sais que je devais te répondre mais je suis Hs, ce soir, désolée.