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Il faudrait que je pense à régler mon réveil à l'heure d'hiver pour profiter comme tout le monde d'une heure de sommeil en plus.
Mais au fond ce n'est pas si grave, j'ai plus de temps pour faire le tour des blogs que je lis. Plus de temps pour écrire.
Il faudrait donc que j'écrive un bel article de fond, réfléchi et intelligent sur un sujet sérieux comme... les macarons & les chaussures. Mais je ne peux pas être objective puisque je viens de me délecter de macarons Bouillet que la maman des petits que je garde m'a offert. Et hier je me suis achetée des babies vernies à petit talon que toutes mes amies adoooooorent et qui me donnent un côté fifille!
J'étais à l'anniv d'Anissa. C'était sympa comme tout, on était entre fille. On voulait créer un facegroup sur la mode à l'IEP. Bref on était toutes fofolles! Je ne pensais à rien de grave, alors qu'en rentrant chez moi tard le soir, je me suis dit que si...
Loin d'un monde où on se pose des questions sur les macarons histoire de parler de tout et de livrer son point de vue sur un nouveau parfum. Loin d'un monde plein de trolls qui n'aiment pas tous les articles que nous écrivons. Loin d'un échange sur un livre ou sur une paire de sandale. Loin de ces petits rien sur Yann Barthès qui font le charme de nos existences. Loin d'un monde dans lequel on se prend la tête sur pas grand chose.
C'est étrange internet, on a un blog et on discute et parfois il se passe des trucs plus grave. C'est comme dans la vie réelle au fond. Il y aussi des tas de gens qui ont l'air sympa et équilibrés et qui ne le sont pas. Je dirais bien de faire attention mais je viens à l'instant même de discuter au téléphone avec une amie virtuelle que je n'ai jamais rencontré. Dans l'après-midi je finirai de rédiger une lettre sur mon papier à lettres Jane Austen pour une autre amie virtuelle. Ce soir je vais penser à une bloggueuse qui est de l'autre côté de l'Atlantique en espérant qu'elle finira par trouver ce qu'elle recherche. En regardant Le grand Journal demain, je vais baver devant un présentateur pipolesque. Voilà des gens à qui j'ai accordé ma confiance. Dès amis dont chaque jour je prend plaisir à lire les aventures. Que ferais-je si j'apprenais un jour qu'ils ont commis des actes de barbarie ? On voudrait que je réfléchisse longtemps avant d'écrire. Je serais décriée si je disais ouvertement sur mon blog qu'un prédateur sexuel est un gros con, si je m'emportai trop contre lui parce qu'au fond je ne le connais pas alors de quel droit j'ose le juger ?
On me dirait que certaines notes font mal, oui merci je sais j'en ai ait les frais et j'ai essayé de m'en expliquer de façon plus ou moins adroite. Mais il y a un fossé infranchissable entre s'offusquer pour des futilités macaronesques et tomber de bien plus haut que des nues lorsqu'on découvre ce qu'il a fait à des filles qu'il ne connaissait pas. Moi aussi si j'avais fait confiance à un tel personnage, j'aurai peut être envie d'écrire que j'aimerai qu'on lui coupe les couilles, alors que dans le confort de mes pensées calmes et réfléchies, je me demande si la castration chimique chez les délinquants sexuels est éthiquement envisageable ?
j'aime réfléchir, je réfléchis tellement que la fois ou dans ma vie je tombe vraiment amoureuse, eh bien au lieu d'avoir le courage de mes sentiments, je les intériorise, je me dis que je suis une grosse nulle. c'est vous dire si je réfléchis.
Des commentaires peuvent être du lynchage, je veux bien. Quoi qu'heureusement qu'en matière de viol, il y aura toujours des gens qui n'ont pas pêché pour jeter la première pierre. Mais un article sur un blog, sur le dégoût qu'on ressent lorsqu'on sait qu'un ami était en fait un être bin différent que ce qu'on croyait. Je peux comprendre cet article. Alors oui je ne comprends pas les messages de j'aime pas ce blog, cette fille est naze par blog interposé, d'où qu'ils viennent. mais un article qui marque son effroi, son dégoût... je n'y voit rien à redire. 2 poids, 2 mesures.
Tous les bloggeurs ne sont pas des virtuoses du clavier. leurs mots sont leurs mots, ils les utilisent comme ils peuvent et comme ils veulent. Et je trouve que pour des cas aussi graves, la maladresse et l'emportement sont difficilement blâmables.
Parce que excusez moi du peu, Mais le type qui viole une fille, vous croyez qu'il y met les formes de la politesse ? Vous croyez qu'il va sortir le " oh mademoiselle, tu te retournes, je te caresse avec mon couteau j'espère que ça te dérange pas ? tu veux bien remonter un peu ta jupe, là s'il te plait ? merci. Tu veux qu'on aille prendre un café ? désolée de t'avoir mis en retard et d'accessoirement, venir de briser ta vie ?"
Je dis ça, je dis rien. Je n'ai jamais été violée. Mais j'aimerai qu'on fasse l'effort de réfléchir. Tous ensemble.


