Dans cet article, j'évoque un peu le fait qu'un jour je vais vieillir moi aussi

Publié le par Camille la It Girl

Un jour je ne viendrai plus ici. J'aurai des milliers d'autres choses à faire et des milliers d'autres choses à voir et la petite maison de ma grand-mère tombera en ruine. Mes vacances se passeront sur les rives du Nil, sur le transat d'une plage paradisiaque où dans des appartements loués à des bobo des centre-ville sur Internet. J'enverrai des cartes postales artistico-rêveuses à mes amis et j'oublierai jusqu'au goût des figues fraiches que m'offre chaque année ma vieille voisine.

D'ailleurs ma vieille voisine ne sera déjà plus là. Sa maison à elle aussi s'écroulera. Les nouvelles génération ne viennent plus habiter dans ces maisonettes hors d'âges et bien mal agencées dans les hauteurs du village. Je les comprends assez d'ailleurs.

 

C'est assez étrange de se dire que théoriquement, les 4 murs depuis lesquels je vous écris aujourd'hui seront un jour rien qu'à moi. En cas de bug interplanétaire et de ruine de la France et de toutes ses valeurs (accent circonflexe de circonspection) je pourrais venir me réfugier ici et appeler cette chambre, cette cuisine, ce balcon et cette micro salle de bain mon chez moi.

Mais pour l'instant, disons que je suis là. Je vais me faire dorer sous un ombrellone, je mange des pasta casarecca et les fruits les plus gustoso del mondo. Je trempe des pan di stelle dans un vert de lait frais et je tartine mes tranches de ciabatta avec de la ricotta fresca que me vend le plus beau fromager du monde (Des yeux bleus, mais bleus, mais d'un bleu alors là...)(Il s'appelle Pino, je devrais le ramener dans mes bagages s'il veut bien s'enfuir après le marché de Nicastro, mercoledi prossimo...

Je me demande comment ça me fera le jour où je dirais " Ca fait dix ans que je ne suis pas venue". Je me demande comment ça me fera quand je n'accompagnerai plus ma grand-mère ici presque tous les étés et que je ne saluerai plus les veuves qui habitent encore autour de notre rue. Je me demande comment ça me fera quand mes enfants me diront que non, cette année ils préfèreraient aller camper en Ardèche avec leur + 1 plutôt que venir jouer aux fils d'émigrés dans la montagne calabraise. Je me demande comment ça me fera quand plus personne ne nous connaîtra et que la maison sera écroulée pour de bon.

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Le balconet d'1m30 de longueur au milieu, c'est mia casa ( Oui c'est aussi un peu su casa aussi)

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JEROME-JL BOUVIER 12/09/2010 15:53



à quoi ça sert un blog? moi aussi, je me suis posé la question...


Par curiosité, je regarde donc le vôtre et , ma fois, le trouve fort bien; intéressant et bien écrit...


le 15 août "mon blog est le seul qui a une vie"; mais non! le mien aussi, mais en plus triste !    Bonne suite ; jebo  



Camille la It Girl 12/09/2010 20:23



merci :D



June Prune 22/08/2010 23:58



un "vert" de lait ? Je critique, mais c'est pour oublier que nous, on est brouillés avec la famiglia et qu'on va plus courir dans leur champ d'oliviers. Profite !



Camille la It Girl 23/08/2010 16:15



Merde, j'ai trop la flemme de corriger mes fautes et j'espère tjs secrètement que les gens ne les verrons pas. Tant pis pour toi! ;)



Céline 17/08/2010 15:50



Très beau texte, très émouvant, qui fait vibrer quelques cordes sensibles chez moi. merci pour ce moment de tendresse et de nostalgie.



Fileuse 16/08/2010 11:00



Je pense que la perte d'un lieu n'est jamais aussi tangible que lors d'un deuil. C'est à la mort de mon grand père que j'ai compris que la ferme familiale vivant un sursis.



Océane 14/08/2010 10:30



Un jour on gradira tous, même poi :) dis moi, lItalie te rend bien philospohe...