Les états généraux de la Femme à Lyon

Publié le par Camille la It Girl

Mercredi, je suis allée participer aux Etats-Généraux de la Femme organisés par le magazine ELLE à Lyon.

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Je sais que sur les blogs, ELLE est loin d'avoir bonne presse, mais il n'empèche que je continue à le lire de façon assez régulière et que j'étais ravie de pouvoir discutter hier avec Michèle Fitoussi. ( j'étais dans son groupe)

Alors c'est vrai, ELLE est un magazine qui a besoin de la publicité pour vivre, donc c'est plein de pub avec des corps de femmes qui n'existent pas puisqu'ils sont retouchés. Et c'est vrai aussi, ELLE a souvent des articles que je juge un peu borderline, enfin qui sont le reflets de certains clichés. Je ne parle pas de l'article sur les foufounistas mais par exemple des catégories des blogs pour leur classement avec wikio ( beauté, maman-bébé, mode pour la première année et rien sur la lecture alors que force est de constater que 90% des blogs littéraires sont tenus par des femmes!) ou encore un article sur les self-made women où au final, toutes avaient monté une entreprise dans la mode, ou les cosmétiques bio, bref des secteurs sociologiquement et socialement féminins.

Mais en y réfléchissant bien, alors que je n'aime pas ça du tout, moi aussi parfois je suis obligée de dire que je vais voir un film de fille ou que je vais faire un truc de fille. Au fond, ELLE a interiorisé autant que moi, autant que beaucoup d'autres filles et d'autres femmes des choses contre lesquelles on se bat, ou qu'on essaye de changer.

J'ai 24 ans, j'ai dit beaucoup de choses dans ma courte vie, et j'ai changé d'avis sur beaucoup de choses mais il y a un point sur lequel je n'ai jamais changé, je me suis toujours considérée comme féministe. Et quand je vois une fille, ou une femme dire " je ne suis pas féministe" eh bien oui, ça me fait de la peine. C'est comme ça. Vous voyez là sur cette fantastique photo qui était en une sur ELLE.fr, je suis entourée de fille de Science Po. Elles se demandaient ce que c'était qu'être féministe, elles se sont aperçues qu'elles ne savaient pas trop comment ça s'était passé en fait. Elles se posaient des tas de question que moi, je ne me suis jamais posée.

Parce que moi, je sais que je suis une fille, mais je ne pense pas en fonction de mon sexe, je pense en tant qu'être humain qui vit dans un pays qui s'appelle la France quelque part en Europe quelque part dans le monde. Et après je me dis que je suis une fille. Ma pensée, mes priorités, elles vont dans ce sens là.

Mais tout ça sera l'objet d'un autre article, un autre jour.

Le matin ( de 9H30 à 13h), les femmes présentent se sont réparties en 4 groupes : le corps, l'amour, la famille et le travail. Bon moi ce qui m'intéressait c'était le groupe vie publique alors je suis allée dans le groupe travail en me disant que ça devait être celui-là, et bingo j'ai gagné.
Pendant une heure et demi environ, on a parlé des femmes dans le monde du travail, du fait qu'ils sont bien rare les hommes qui prennent une demi journée de congé pour emmener leurs enfants chez le médecin ou que l'école appelle quand les enfants sont malades.
Il y a aussi eu des débats sur le fait que les femmes travailleraient ou manageraient d'une façon différente. Mais bon, la grosse majorité était contre cet avis et certaines femmes ont exprimé leur exaspération face à des remarques du style " tu es un homme dans un corps de femme". Pour moi une femme n'a pas une façon de travailler différente d'un homme par nature, mais par son expérience. La différence naturelle des femmes par rapport aux hommes, ce n'est pas leur douceur, c'est leurs vagins.
J'ai pu parler avec des femmes plus agées que moi, entre 55 et 66 ans, qui avaient milité pour les droits de la femme toute leur vie, et c'était vraiment bien.
On a conclu ce débat entre autres sur le fait que l'expression " concilier vie professionnelle et vie privée ou vie familiale" doit disparaître et qu'il faudrait mieux utiliser le terme " articuler". C'est fou comme avec un tout petit mot, on peut faire changer les choses. Concilier, c'est faire des concessions, et souvent c'est aussi culpabilisant. Quand on concilie, on favorise souvent quelque chose au dépend d'autre chose et c'est culpabilisant. Donc voilà maintenant on va articuler.

Mais la partie qui m'intéressait vraiment, c'était sur les femmes et la politique. Hélas, ça a été traité rapidement mais j'ai réussi à caser deux trois avis. Comme le fait que je trouve qu'on parle un peu trop des femmes en politiques en fonction de leurs fringues. J'aime pourtant ça les vêtements et les chaussures, et les chapeaux aussi, mais bon, pour les hommes, les allusions vestimentaires existent mais sont plus rare. Ca va être fait sur le ton humoristique au petit journal mais je n'ai jamais lu d'article sérieux qui dit " Hervé Morin arrive au rendez-vous dans un costume Cerruti collection printemps-été 2007." Je sais juste qu'avec Carla ( parce qu'il faut bien le préciser, sans les femmes les hommes ne s'habilleraient pas), Nicolas porte des costumes Dior, et que jack Lang dans les années 80 a fait scandal en allant à l'assemblée nationale sans cravate et avec une veste col mao signée Mugler ( mais ça je l'ai appris dans un livre sur l'histoire du costume il y a 10 ans).
Or pendant la dernière campagne présidentielle je m'en souviens bien des articles sérieux qui rappelaient que Ségolène portait une jupe marron avec une chemise à fleur, ou un tailleur blanc-cassé Paule Ka. Quand un homme ou une femme politique change de look pour une question d'image, de communication, il faut le relever. Mais quel intérêt au fond de dire comment est habillée une personne politique quand elle répond à une interview ? Pour jouer la carte des clichés, y a t'il des interview d'hommes politiques qui rappellent la marque et le modèle de la voiture dans laquelle il est arrivé ?

Pour continuer un peu sur la vie publique, j'ai aussi rappelé le fait qu'un self made man est mieux vu qu'une self made women. Pierre Bérégovoy étaient un ouvrier qui est devenu ministre de l'économie puis premier ministre. Sans diplômes donc. Alors que Rachida Dati est une incapable, carriériste qui s'habille chez Dior. Jamais on aurait dit ça pour un homme! ( et je n'aime pas Rachida Dati, mais la façon dont elle est critiquée m'énerve simplement parce qu'un homme n'est pas critiqué de la même façon)

J'ai aussi pensé à un truc à ce sujet, l'autre jour Shopgirl m'a demandé sur Forsmpring à quelle femme politique je m'identifiait. Outre le fait que je ne m'identifie à aucune femme politique en particulier, pourquoi ne pourrais-je pas m'identifier à un homme politique ? Suis-je obligée de n'avoir que des modèles féminins parce que je suis une fille
?

Ensuite on a enchainé sur l'écologie.

Oui.

ecologie et féminisme, nous non plus on n'a pas toutes vu le rapport.

On a un peu parlé d'Elizabeth Badinter et de ce qu'elle dénonce dans un retour à l'écologie trop contraignant pour les femmes. Et je suis d'accord avec elle. Hors de question pour moi d'avoir des protections en tissus lavable quand j'ai mes règles ou une moon-cup. Qu'on ne vienne pas me faire chier parce que je pollue avec mes always-ultra ultra-fines! Parce que bon, je commence à voir fleurir des articles là dessus ou sur le miracle des couches en tissus. Et encore une fois, les articles qui dénoncent la surconsommation de rasoirs jetables par les hommes, bah ils sont drôlement bien cachés quoi!

Une femme d'une cinquantaine d'année disait que pour elle, l'écologie passe d'abord par les femmes. Elle vendait des produits d'entretiens bio à domicile, donc forcément hein... les réunions de vente à domicile, ça doit froler les 90% de participation féminine!

Au final on a décidé de dire que l'écologie était un domaine dans lequel il n'y avait pas vraiment d'opposition hommes-femmes

Voilà, c'est déjà long, donc la suite très vite. n'hésitez pas à commenter surtout, je fais du raccolage actif de commentaire sur ce sujet!






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Didier 26/04/2010 17:20



En ce cas, tu peux me poser la question sans détour au lieu d'user de remarques hypocrites.


Je te prierai toutefois de ne pas juger à ma place de "l'intérêt" pour moi de faire telle ou telle chose.



Didier 26/04/2010 16:47



Pourquoi y a qu'à moi que tu poses cette question ?


J'ai quelques coups de fil à passer dans ma journée. Une fois que c'est fait, je ne peux pas faire le travail des autres à leur place. Donc je m'informe, je lis la presse, certains forums, et -
parfois - chez toi. Là je viens de terminer une lecture critique d'un article de Paul Jorion sur la revue du MAUSS permanente.


Toutefois, j'ai bien un boulot (moi).



Camille la It Girl 26/04/2010 17:02



Je te pose la question parce que tu sembles prendre un malin plaisir à commenter mes articles sans partager mon avis et à aller sur formspring répéter les commentaires que tu laisses ici. Alors
bon je ne vois pas vraiment l'intérêt de la chose...



Didier 26/04/2010 16:07



J'ai totalement arrêté d'être féministe, tellement c'était culpabilisant. Après le catéchisme à l'école, le progressisme : c'est tomber de Charybde en Scylla.


C'était pas tant moi qui culpabilisait que les militantes qui m'agressaient d'ailleurs. J'ai compris qu'elles inversaient : au lieu de prendre leur vie en mains et
d'assumer, elles accusaient le patriarcat de tout ce qui n'allait pas dans leur vie.


Et puis c'est mieux de ne pas obéir à des injonctions, qu'elles soient patriarcales ou féministes. Moi je préfère que les taches ménagères soient laissées aux femmes, et si on est pas
d'accord on s'arrange.


http://www.ecotheurgie.com/article-la-domination-masculine--40062067.html



Camille la It Girl 26/04/2010 16:10



Dis mo Didier, à part faire toutes les archives de mon blog, tu as une vraie activité ?



michèle Fitoussi 16/02/2010 15:53


Hello, merci pour votre post sur votre blog, je l'ai reposté sur notre FB Etats généraux.

Vos commentaires sont trés pertinents, c'est vrai que la politique laissait un peu à désirer dans notre table ronde mais c'était trés virulent ce désinterêt  de toutes pour la chose
publique..

 Par ailleurs vous avez tout à fait raison: on pense d'abord en tant qu'être humain "articulé", puis ensuite par rapport à d'où on vient ( parents, origine)  qui on est,  où on se
situe... Comme vous, je ne crois pas qu'un cerveau humain soit sexué.

Aprés on a des reflexes de genre comme on a des réflexes de classe, ce n'est pas inné, c'est juste acquis par des siècles de pression sociétalee, par l'éducation, par les affinités, le mimétisme,
les fréquentations, plus tard par la façon d'envisager la maternité, etc...
 
Et le féminisme n'est pas autre chose qu'un combat pour l'égalité des droits et de la dignité ( j'aime bien ce mot) entre les sexes.
Ravie en tous cas si ce débat vous a apporté quelque chose.Pour nous c'est vraiment passionnant cette remise à plat, état des lieux, etc...
A bientôt



Chinchilla 16/02/2010 13:48


Je me considère comme féministe, la répartition des tâches ménagères se pratique chez mes parents depuis des lustres et Mr Chinchilla repasse ses chemises car il sait très bien que ce n'est pas moi
qui vais m'en occuper.
Et rien que pour t'embêter, dans le GQ de mars il y a un article sur le looks des hommes politiques :)