Au revoir Simone

Le 9 Janvier 2008 a me semble t'il était célébré dans l'intimité bloguesque la plus complête, l'anniversaire des 100 ans de Simone de Beauvoir. Un profil reconnaissable entre tous, un sourire surplombé d'un turban adopté avec la pénurie de shampoing durant l'occupation. Des livres qui ont changé la face du monde, ou au moins l'univers féminin. Une maxime restée dans les anales, un deuxième sexe, ne pas naître femme mais le devenir. Et un oubli poli sur les marches de nos palais, nous Princesses blogosphériennes.
Je suis fautive moi aussi, j'étais en partiel et j'avais la flemme d'écrire quelque chose de sensé et de structuré. Simone pouvait bien attendre encore quelques jours, de là où elle était, elle n'allait pas se plaindre tout de même.
Eh en plus, parler d'elle ce serait avouer que je n'ai pas lu son oeuvre sur la condition féminine. J'avoue. J'ai bien lu ses Mémoires d'une Jeune Fille Rangée, et voilà tout. J'ai trouvé le style trop précieux et etouffant. Rien ne me semblait en vie dans ce livre, tout était figé. Je l'ai rangé dans ma bibliothèque. J'ai lu ses lettres à Nelson Algren et là aussi, je n'ai rien ressenti. Oh elle l'a aimé son américain, elle en a fait des allez retour Paris Chicago. Elle a failli abandonner son cher petit Sartre et la terrasse des Deux Magots. Mais les mots qu'elle a employé pour le dire ne m'ont rien fait. Je suis presque restée de marbre devant ses écrits. Oui j'ai envie de lire le Deuxième Sexe, mais je ne le fais pas. J'ai de trop mauvais souvenirs.
Alors pour oublier mon échec, je lis des biographies d'elle, de sa soeur Hélène, je regarde des documentaires. J'apprend qu'elle se nomme en fait Jeanne Marie Bertrand de Beauvoir, qu'elle a adopté Simone Le Bon, son élève, sa maîtresse, pour pouvoir vivre librement avec elle. Je me demande comment un si grand esprit a pu être à ce point l'esclave du plaisir ? Je m'énerve lorsque je découvre que ses funérailles furent discrètes à côté de celles de Sartre, le grand penseur, le grand homme. Simone n'a eu qu'une passerrelle sur la seine, une passerelle c'est féminin, c'est léger, c'est entrainé par le vent... c'est désespérant une passerelle, c'est odieux, ce n'est pas solide, c'est comme si ses mots en fait pouvaient s'envoler.
Simone de Beauvoir a vécu sa vie comme elle l'entendait alors que tout autour d'elle était là pour lui rappeller qu'elle avait tort, qu'être femme c'était rester polie et surtout ne pas avoir trop d'idées. Simone de Beauvoir a participé à ce vaste phénomène qui a révolutionné la vie de la femme au XXeme siècle et qu'on n'aime plus aujourd'hui. Etre féministe est péjoratif. Simone de Beauvoir aurait eu 100 ans si elle avait vécu aussi longtemps que Claude Lévi Strauss.
Et qu'avons nous fait pour lui rendre hommage ?
Les soldes.
