It's complicated
Je ne sais pas vraiment si je suis une fille compliquée.
Je crois que oui, un peu.
Ma complitude, je la retrouve dans toutes mes contradictions.
Par exemple, je n'aime plus Carla Bruni et je ne supporte pas que les filles de ELLE en fasse leur nouvelle star de coeur, mais bon quand je suis tombée sur un recueil de poèmes qu'elle avait sélectionnés avant d'être Madame De, j'ai foncé tête baissée.
Pourtant je n'aime pas trop la poésie. Un peu ça va, mais j'ai tellement des souvenirs affreux de prépa, que c'est tout sauf ma tasse de thé. En anglais en plus, les vers de l'ami Will restaient totalement imperméable à toute mes tentatives de compréhension. Et d'un autre côté, ça ne me génait pas plus que ça. Et puis aussi, il y avait "Amant Dine vingt cent", une fille exaspéremment exaspérente. Déjà elle voulait devenir commédienne. pas actrice, non, Commédienne. Elle détachait bien toutes les syllabes. Il n'y a pas de doute possible, la réincarnation d'Isabelle Adjani, c'était elle.
Mes amis et moi la détestions cordialemment. Il y a toujours une fille qu'il faut détester, comme ça quand on a plus de sujet de conversation un soir, on l'imite et hop, c'est mieux qu'un mars!

Donc Amant Dine Vingt Cent ( et non c'est pas comme ça que ça s'écrit!) adoooorait la poésie. Enfin c'était plus que de l'adoration. C'était obsène. Il fallait l'entendre lire les textes qu'on étudiait avec tout son panache et sa verve de commédienne ratée. Si less is more, cette fille n'y a visiblement rien compris. Elle intonnait, elle intonnait, elle intonnait. Mais comme chacun sait, trop d'intonnation, tue l'intonnation.
Son registre c'était " Oh Bouteille Sacrée Bouteille!". Véridique. Pour notre journée d'intégration, les khagneux nous avait fait jouer des petites pièces de théatre à thème. Nous je crois que c'était " Joyeux anniversaire à la manière d'une tragédie greque avec un personnages bourré". D'où le " Oh bouteille sacrée bouteille!"
j'en rigole encore, six ans après.
Mais le poème. Alors là c'était grandiose. Je n'ai jamais vu un film porno de ma vie, ça ne m'interesse pas vraiment. Bon c'est vrai qu'en zappant le soir avec la merveilleuse TNT parfois on tombe sur des vieux trucs carré rose des années 70 ( et non Le Pensionnat Anglais avec Jean-Claude Dreyffus n'est pas un joli film sur un gentil pensionnat du yorkshire), mais du Premier Samedi du mois à minuit sur canal, jamais. Pourtant, le jour ou Amant Dine Vingt Cent à récité du Louise Labé, ce fut épique. On devait être une quarantaine dans la classe ce matin là, et je vous assure qu'on a tous eu le droit à sa plus belle scène d'orgasme. J'ai eu envie de lui dire qu'il y avait des chambres pour ça, ou des pommeaux de douche, ou des canards vibrants. Mais j'étais clouée à ma chaise, j'assistais à un supplice. Elle était César, et nous étions les "Morituri te salutant".
Alors après ça, et la scanssion anglaise incompréhensible, et le sens caché de milliards de termes anglais ou allemand du moyen-âge, je me suis dit que la poésie c'était un sujet douloureux. Je le crois toujours encore un peu. Et je suis bien contente de ne plus en étudier. Bon c'est pas que je me décarcassais non plus, hein. Je laissais Amant Dine. D'un commun accord, une bonne partie de la classe la laissait faire mumuse avec l'anglais du moyen âge et les Hyambic pentameters.

Bref, j'ai donc acheté un livre sur deux trucs que j'aime pas tellement. Sauf que maintenant, la poésie ça va mieux. Je trouve ça joli, surtout quand ça rime et que ça ne me prend pas la tête. Bon il faudrait sans doute y voir des trucs profonds de profondeur, mais je préfère sauver le monde de façon plus terre à terre qu'en me la jouant poétesse à l'aurée du bois.
Bon globalement, ce livre je l'aime beaucoup. Déjà pas de Will, et donc un anglais plus compréhensible. Et en plus il y a des traductions plutôt bien faites, et parfois inédites. Il y a suffisemment de W.H Auden pour satisfaire la grande fan de Four Weddings and a Funeral que je suis et il y a d'autres gens. j'ai envie de dire " Ils sont venus, ils sont tous là!" Il y a Walter de la Mare, et j'ai l'impression d'être dans Out Of Africa quand Karen Blixen papote avec Lord de la Mare.
Si celà vous interesse, vous pouvez le trouver chez Decitre
Je crois que oui, un peu.
Ma complitude, je la retrouve dans toutes mes contradictions.
Par exemple, je n'aime plus Carla Bruni et je ne supporte pas que les filles de ELLE en fasse leur nouvelle star de coeur, mais bon quand je suis tombée sur un recueil de poèmes qu'elle avait sélectionnés avant d'être Madame De, j'ai foncé tête baissée.
Pourtant je n'aime pas trop la poésie. Un peu ça va, mais j'ai tellement des souvenirs affreux de prépa, que c'est tout sauf ma tasse de thé. En anglais en plus, les vers de l'ami Will restaient totalement imperméable à toute mes tentatives de compréhension. Et d'un autre côté, ça ne me génait pas plus que ça. Et puis aussi, il y avait "Amant Dine vingt cent", une fille exaspéremment exaspérente. Déjà elle voulait devenir commédienne. pas actrice, non, Commédienne. Elle détachait bien toutes les syllabes. Il n'y a pas de doute possible, la réincarnation d'Isabelle Adjani, c'était elle.
Mes amis et moi la détestions cordialemment. Il y a toujours une fille qu'il faut détester, comme ça quand on a plus de sujet de conversation un soir, on l'imite et hop, c'est mieux qu'un mars!

Donc Amant Dine Vingt Cent ( et non c'est pas comme ça que ça s'écrit!) adoooorait la poésie. Enfin c'était plus que de l'adoration. C'était obsène. Il fallait l'entendre lire les textes qu'on étudiait avec tout son panache et sa verve de commédienne ratée. Si less is more, cette fille n'y a visiblement rien compris. Elle intonnait, elle intonnait, elle intonnait. Mais comme chacun sait, trop d'intonnation, tue l'intonnation.
Son registre c'était " Oh Bouteille Sacrée Bouteille!". Véridique. Pour notre journée d'intégration, les khagneux nous avait fait jouer des petites pièces de théatre à thème. Nous je crois que c'était " Joyeux anniversaire à la manière d'une tragédie greque avec un personnages bourré". D'où le " Oh bouteille sacrée bouteille!"
j'en rigole encore, six ans après.
Mais le poème. Alors là c'était grandiose. Je n'ai jamais vu un film porno de ma vie, ça ne m'interesse pas vraiment. Bon c'est vrai qu'en zappant le soir avec la merveilleuse TNT parfois on tombe sur des vieux trucs carré rose des années 70 ( et non Le Pensionnat Anglais avec Jean-Claude Dreyffus n'est pas un joli film sur un gentil pensionnat du yorkshire), mais du Premier Samedi du mois à minuit sur canal, jamais. Pourtant, le jour ou Amant Dine Vingt Cent à récité du Louise Labé, ce fut épique. On devait être une quarantaine dans la classe ce matin là, et je vous assure qu'on a tous eu le droit à sa plus belle scène d'orgasme. J'ai eu envie de lui dire qu'il y avait des chambres pour ça, ou des pommeaux de douche, ou des canards vibrants. Mais j'étais clouée à ma chaise, j'assistais à un supplice. Elle était César, et nous étions les "Morituri te salutant".
Alors après ça, et la scanssion anglaise incompréhensible, et le sens caché de milliards de termes anglais ou allemand du moyen-âge, je me suis dit que la poésie c'était un sujet douloureux. Je le crois toujours encore un peu. Et je suis bien contente de ne plus en étudier. Bon c'est pas que je me décarcassais non plus, hein. Je laissais Amant Dine. D'un commun accord, une bonne partie de la classe la laissait faire mumuse avec l'anglais du moyen âge et les Hyambic pentameters.

Bref, j'ai donc acheté un livre sur deux trucs que j'aime pas tellement. Sauf que maintenant, la poésie ça va mieux. Je trouve ça joli, surtout quand ça rime et que ça ne me prend pas la tête. Bon il faudrait sans doute y voir des trucs profonds de profondeur, mais je préfère sauver le monde de façon plus terre à terre qu'en me la jouant poétesse à l'aurée du bois.
Bon globalement, ce livre je l'aime beaucoup. Déjà pas de Will, et donc un anglais plus compréhensible. Et en plus il y a des traductions plutôt bien faites, et parfois inédites. Il y a suffisemment de W.H Auden pour satisfaire la grande fan de Four Weddings and a Funeral que je suis et il y a d'autres gens. j'ai envie de dire " Ils sont venus, ils sont tous là!" Il y a Walter de la Mare, et j'ai l'impression d'être dans Out Of Africa quand Karen Blixen papote avec Lord de la Mare.
Si celà vous interesse, vous pouvez le trouver chez Decitre
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