The Other Girl
Mardi dernier je suis allée à mon repas de classe. J'étais assise avec une fille sympa de ma classe. On parlait bêtement de notre addiction commune à Alan Rickman et aux paires de chaussures. En face de chez nous, on avait une fille plutôt sympa ( enfin je croyais). C'est une des filles du club des artistes maudits. Enfin c'est un surnom que je lui ai donné comme ça. Pendant une heure, elle avait parlé de tas de groupes inconnus qui ont un myspace et jouent depuis des années devant des salles pleines... de 12 ou 13 personnes.
Elle avait l'air fier de ces gens qui font vraiment des choses alors que nous, on parlait de Zadig et Voltaire de sac en cuir( qu'on ne prévoyait pas d'acheter), de l'horrible boutique Bompard de Lyon ( qu'on détestait, avec des vieilles mamies et des casiers blancs), de mode adolescente ( Pfff mort aux Pliages Longchamps et aux slims!) et de numéro du Figaro qu'on avait pris dans l'atrium parce qu'il y avait une robe Dior en une...
C'était là le drame vous voyez.
On papotait comme ça, en disant que Zadig et Voltaire ce n'est pas de la bonne qualité. Ouai une vrai conversation de blogueuses, j'ai failli lui filer l'adresse de Café Mode d'ailleurs. Tout d'un coup La représentante du Club des Artistes Maudits se mèle à notre conversation avec un " C'est quoi Zadig & Voltaire ?". On lui explique par un " C'est une marque de pulls en cachemire très chère alors que la qualité ne le vaut pas du tout" Et on lui mentionne une fille de la classe qui a un Look qui y ressemble, pour lui donner une idée.
La réponse ça a été un rictus, un sourcil qui se lève de dépit devant notre connerie abyssale d'avoir osé parler de fringues, et le clou du spectacle c'est un " Pfff, moi de toutes façons, les fringues j'y connais rien, c'est tellement pas important".
Notre conversation n'avait rien de philosophique il est vrai, on ne s'intergeait pas non plus dans une posture de penseur fin de siècle sur l'épineux problèmes de la culture en France. C'était un repas de classe festif. Plus de partiels, presque plus de dossiers à rendre, plus de tris croisés à analyser.
Mais nous n'étions pas à son niveau. Notre sujet de conversation si loin de ses préocupations sur l'avenir possible d'un groupe de 10 ans d'âges qui n'a toujours pas réussi à sortir un album, ne valait rien. J'ai parfois eu envie de lui dire que peut être ses chers amis musiciens devraient penser à essayer de se reconvertir , ou de trouver une autre activité. Ou même qu'elle était juste chiante et qu'elle vivait dans son monde, en méprisant les non-orthodoxes. Mais j'ai préféré apprendre qu'une fille de ma classe, qui a des boucles d'oreilles sublimes, a bossé pendant deux mois d'été chez Z&V. C'était beaucoup plus mon domaine en plus, la connerie profonde.
Je me demande comment va être ma vie professionnelle. Les Artistes maudits et les pseudos baba-cool du monde de la culture m'exaspèrent profondément avec leurs petits jugements à l'emporte-pièce!
Je n'ai rien contre les artistes intimistes, et rien contre les grands show. Je n'apprécie personellement ni les uns, ni les autres. Je m'ennuies souvent dans des concerts de rock, alors que j'aime bien en écouter. Je suis une Carla Bruni de la culture, tout m'interesse, sauf les bios de Jean-Pierre Pernault et tout ce qui ressemble à un livre mal écrit. Je n'aime pas non plus tous les chanteurs, écrivains, peintres, décorateurs d'intérieurs qui passent leur temps à faire la même chose que d'autres. Les deux chansons qui me font changer de station radio, ou sortir d'un magasin en ce moment sont I'm Yours et Toi + Moi. Deux trucs très différents que je n'ai pas supporté dès les premières écoutes.
Je cherche en fait des gens qui ne haussent pas le sourcil par dédain, parce qu'on n'a pas à 100% les mêmes goûts qu'eux.
Je laisse les pseudos babas de ma classe qui ont tout vu parce que leurs parents leurs ont offert un voyage roots dans les villages de Turquie en paix. Et je laisse même tous les babs tranquils. Au lycée, j'ai eu plusieurs amis comme ça. Ils s'étonnaient qu'avec mon allure de non babs (je n'ai pas vraiment d'allure, je me contente de trouver des trucs qui me plaisent en soldes et en boutiques d'usine, en y ajoutant depuis mes séjours en Angleterre des petites touches British pouf ou trendy Londoner) je puisse apprécier leur compagnie. On s'entendait très bien, mais ensuite on s'est perdu de vue. Il y en a d'autres que je pourrai encore fréquenter, mais à un moment, je me suis lassée. Toujours les mêmes discours sur "la vie est trop injuste, la société de consommation blablabla", ils finissaient par m'ennuyer avec leur refus d'accepter la vie comme elle était.
Oui la vie ce n'est pas du foie-gras, mais je ne crois pas qu'en refusant de voir les choses en face, en restant cloîtré dans un monde imaginaire ou en fumant toute la journée, on avance vraiment dans la vie.
Bref cette fille m'a profondément énervée. Tous ce groupe de fille m'a enervé cette année, pas profondément. Je trouve qu'elles passent à côté de plein de trucs en s'isolant dans leur bande de clones roots. Je ne suis pas devenue la meilleure amie des filles de ma classe. La plus part sont arrivées en 4eme année, et j'avais déjà mes amis, ma bande. On papotait en copines, mais ça s'arrêtait là. Ce n'est pas grave. Je me contentais de ne pas les juger à leurs fringues, contrairement à ce que faisaient les babs/arty de ma classe.
Finalement, c'est pas si mal de ne plus avoir cours!